Ouvrez grand vos fenêtres

IMG_5220Dans un célèbre passage du livre des Rois, Elie attend le Seigneur à l’orée d’une caverne. Le prophète voit passer un ouragan, puis un tremblement de terre et enfin un feu
. Le Dieu qui l’a appelé n’est pourtant dans aucune de ces visibles manifestations. Enfin passe une brise légère. Alors Elie se couvre la tête, car son Seigneur est finalement là, dans ce petit vent, inaperçu, délicat, et pourtant déterminant.
J’ouvre l’œil dans la pénombre du matin, confondue par la nouvelle lumière. Je ne peux penser à autre chose face à la fenêtre entrouverte qui affirme puissamment la vérité: nous sommes en mars, c’est tôt mais il fait déjà jour. Sous la couverture, dans les nombreuses possibilités du matin, je suis simplement émue. Je sens ce vent caressant qui meuble le silence de mon enfermement et accompagne le bruit discret des oiseaux devenu cri impérieux quand j’y prête attention.
Air et lumière: ils m’ont manqué dans l’éternité hivernale, mais suis-je consciente qu’ils sont la base de la bonne tenue d’un lieu de vie? L’être humain moderne passe plus de 90% de son temps enfermé entre quatre murs. Cette façon de vivre est récente, liée à l’exode rural, à la migration vers des travaux d’intérieur et plus de machines. A l’intérieur de ces tanières, il cohabite avec les instruments qui égaillent ou activent son espace: meubles, instruments de travail et nourriture. Quand il vit, il respire et émet du gaz carbonique, il s’active et produit de la chaleur et de l’humidité qui se condense. L’homme devient ainsi rapidement toxique à lui-même. Qui est déjà entré dans une chambre d’adolescent sait à quoi je fais référence!
Même si nous lavons avec assiduité le sol de nos habitations, si nous changeons nos draps et nos habits, nos corps et nos activités polluent l’air que nous respirons. La chaleur de nos corps crée en outre une condensation et des moisissures. Les odeurs, enfin, ne nous tuent pas, mais s’attachent à tous les tissus, et nous les prenons avec nous alors que nous sortons. Qui a déjà embrassé un ami, reconnaissant dans ses habits les relents de son repas de la veille? Pour combattre cette corruption, un simple geste est nécessaire: ouvrir ses fenêtres et aérer chaque pièce de son habitation et de son lieu de travail dix minutes par jour. Ainsi s’échangent bonnes et mauvaises particules, bonne et mauvaise chaleur, air vicié et air purifié. Il faut du courage pour pousser les battants de nos maisons et changer d’air: c’est reconnaitre que l’air extérieur, l’air de tous, est plus sain que notre air personnel. Il est riche de la nouveauté d’un monde qui désire tout nous donner, il n’est pas à notre petite mesure humaine. Le moment est venu d’ouvrir ma fenêtre et de laisser entrer la lumière de Pâques.

Article publié dans l’logo-Echo-ombrŽmagazine

 

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