La chasse aux cistes

Le soleil étant enfin revenu, j’ai emmené les enfants dans les ruines romaines d’Avenches. Plus exactement devant l’ancienne porte romaine de la ville, car c’est là que les indices de notre chasse au trésor nous ont conduits. Les enfants s’imaginent volontiers en pirates découvrant le monde avec une longue-vue et une jambe de bois, et leur soif d’aventures m’a souvent débordée. Heureusement, j’ai découvert les cistes et c’est à la recherche d’une d’entre elles que nous étions à Avenches.

Une ciste? Ce mot, à l’oreille, avait une étymologie peu attirante. En réalité, la découverte de ces boîtes à l’histoire très ancienne a égayé nombre de nos promenades. Dans l’ancienne Grèce, les cistes étaient des paniers offerts aux dieux. Depuis quelques années, elles ont réapparu en Amérique du Nord, puis en Europe sous la forme de chasses au trésor (en anglais: geocatching). Le principe est simple: un petit conteneur hermétique d’objets dérisoires est dissimulé, mais jamais enterré, par un «cacheur» dans un endroit plus ou moins facile à trouver; il est ensuite inscrit avec ses coordonnées sous la forme d’indices sur le site officiel des cistes (www.cistes.net pour l’Europe). En s’inscrivant sur le même site, les chercheurs accèdent à une liste de trésors cachés non loin de chez eux par des aventuriers de tous bords (5603 cistes en Suisse en ce moment).

On note les indices, on se munit d’un stylo et d’un petit trésor qu’on échangera contre celui qu’on aura trouvé: les cistes ont en effet un aspect important de transmission. Une fois le trésor trouvé, on écrit sur le papier présent dans sa boîte la date de la découverte et un mot sur l’aventure qui nous a menés jusqu’à la ciste.

Ce jour-là, nous n’avions qu’une photo comme indice et nous avons dû longer les murs et déplacer bon nombre de pierres au sol. Nous avons ainsi vu de près la construction d’un mur romain, sans le démolir davantage mais en profitant du paysage offert par cette colline où nous n’étions jamais venus. 2000 ans d’histoire nous précédaient là. Enfin, nous avons trouvé le pot de yaourt et le schtroumpf qu’il abritait. Nous l’avons remplacé par un petit bonhomme en Lego, remerciant du fond du coeurl’inconnu qui nous avait amenés jusque-là.

Salvador Dali dit que «la nature aime se cacher»; je pense que les cistes aident à la dévoiler. Elles sont aussi une belle façon d’utiliser internet. La grande communauté des cisteurs est faite de gens amoureux de la nature et heureux de faire découvrir les coins qu’ils aiment à des inconnus auxquels ils laissent des traces sous la forme de trésors et d’indices. Elle est aussi faite de gens qui leur font confiance. _Pour entraîner les enfants dans la nature, rien ne vaut une chasseau trésor. Avec l’aide d’internet et d’une série d’indices, selon un modèle venu d’Amérique. Aujourd’hui, en route pour Avenches.

Plus d’infos sur www.cistes.net. Inscription gratuite et obligatoire

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